Le visage contre terre, un garçonnet de 16 mois gît dans la boue. Il s’appelle Mohammed Shohayet. Il est né Rohingya en Birmanie mais n’aura jamais l’âge de comprendre ce que cela veut dire.

Il est mort, noyé, comme son frère de trois ans et comme sa mère, en tentant de fuir les persécutions et les violences dont cette minorité musulmane est victime depuis des décennies dans le pays.

L’opinion publique internationale

C’est Zafor Alam, le père du petit Mohammed, qui a témoigné de ce drame. La photo du corps de son fils cadet le hante mais il voulait que le monde réagisse. On se souvient en effet qu’une autre photo, celle d’un enfant syrien, le petit Aylan Kurdi, mort lui aussi sur une plage en tenant de fuir la violence dans son pays, avait bouleversé l’opinion publique internationale

Enfant syrien noyé

Le père de Mohammed espère que le drame insupportable qu’il traverse pourra au moins servir à faire réagir la communauté internationale au sort des Rohingyas.                               

 

 

 

 Crime contre l’humanité

 

« Quand je vois cette photo, je préférerais mourir. La vie dans ce monde n’a plus de sens pour moi », explique-t-il à CNN à propos du cliché où l’on voit son bébé mort, le visage dans le sable. Mais il voulait qu’on ne puisse plus fermer les yeux. « Je veux que le monde sache », explique-t-il depuis un camp de réfugiés au Bangladesh. « Le gouvernement birman ne devrait pas se voir accorder plus de temps. Si vous tardez à prendre des mesures, ils vont tuer tous les Rohingyas », alerte-t-il.

Pour rappel, depuis que la junte militaire au pouvoir a décidé de les priver de la nationalité birmane en 1982, cette ethnie de confession islamique est devenue l’une des minorités les plus persécutées du monde.

D’après Amnesty International, qui a publié un long rapport sur le sujet, les « campagnes de violences systématiques » perpétrées contre le Rohingyas « peuvent constituer un crime contre l’humanité ».

#P2P

Dormez petits volcans

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